Voyage de la certitude

Épisode 30 – Le cocktail : des ailes sans voler ?

À quoi servent les ailes du manchot et de l’autruche ? L’épisode examine ces exemples et les sophismes qui entourent les objections sur leur utilité.

Que la paix et la miséricorde de Dieu soient sur vous.

Dans l’épisode Je t’ai coincé !, nous avons examiné cette affirmation : « C’est pourquoi il existe des défauts dans la création ; tu en trouveras même dans la constitution de l’être humain et des animaux. Que Dieu me pardonne, il y a des défauts — du moins, jusqu’à présent, tout ce qui est établi, c’est qu’il s’agit de défauts. » Nous avons évoqué la méthode que cette affirmation emploie, connue dans l’étude des sophismes logiques sous le nom de « renversement de la charge de la preuve ».

C’est à eux qu’incombe la charge de démontrer que l’aléatoire et l’absence d’intention peuvent produire toute cette précision et toute cette conception chez les êtres vivants. Ils s’accrochent à des choses qu’ils prétendent être des défauts, puis exigent de vous que vous prouviez qu’elles n’en sont pas. Pourtant, nous avons expliqué en détail comment la science juste révèle de plus en plus que ce qu’ils présentent comme des défauts — la rétine, l’appendice et le canal déférent — constitue en réalité de magnifiques preuves de précision et de perfection.

Nos exemples d’aujourd’hui, frères, viennent du monde animal, et leurs surprises dépassent celles de l’épisode précédent. Ils vous disent que les animaux comportent des erreurs et des organes superflus, preuve qu’ils ne sont pas issus de la conception d’un Créateur savant. À quoi servent les ailes d’oiseaux qui ne volent pas ? À quoi servent les os postérieurs de la baleine ? À quoi sert la longueur excessive du nerf laryngé récurrent chez la girafe ?

Examinons aujourd’hui l’un de ces points et remettons le second, avec son histoire étonnante et singulière, à l’épisode suivant.

Les ailes des oiseaux qui ne volent pas

Ils disent : « À quoi bon ces ailes ? L’autruche a des ailes et ne vole pas ; l’émeu a des ailes et ne vole pas ; le nandou ne vole pas ; et le manchot aussi a des ailes et ne vole pas. Et le cormoran des Galápagos a des ailes et ne vole pas. Pourquoi ? » Bien sûr, la personne se tait, se gratte la tête et se demande : pourquoi donc ? Vraiment.

L’évolution vous répond que la réponse est simple. Mais, avant d’entendre la réponse évolutionniste, je me suis réellement gratté la tête, j’ai pris la peine de chercher et j’ai demandé au manchot : est-il vrai ce que certains disent de toi et de moi ? Avons-nous des défauts et des organes sans utilité, ou bien leurs propos ne sont-ils que mensonge, calomnie et imposture ?

Pour ce qui me concerne, j’ai vu dans l’épisode précédent que ce qu’ils qualifiaient d’erreurs et d’organes superflus dans mon corps humain n’était que mensonge, calomnie et imposture. Mais qu’en est-il de toi ? Le manchot ne m’a pas répondu « Je ne sais pas », à la manière d’Iliya Abu Madi. Par son état, il m’a dit : accompagne-moi dans le voyage de cette vidéo produite par la BBC afin de connaître la réponse.

Le manchot : des ailes pour plonger et remonter

Le manchot m’a dit : pour vivre dans les régions polaires au froid intense, mon corps est plein de graisse. Et pour conserver cette graisse, je dois descendre dans l’eau pour chasser.

Mais, manchot, comment peux-tu descendre avec ce corps rempli de graisse, alors qu’elle te fera flotter à la surface ? Il me répondit : vois-tu ces ailes qu’ils ont dites inutiles ? Viens voir ce que j’en fais. Regarde-moi frapper l’eau avec elles et plonger à grande vitesse, très profondément dans la mer, exactement comme l’oiseau dans le ciel. Regarde-moi employer mes ailes pour aller à droite et à gauche comme je le veux.

Mais… comment es-tu sorti de l’eau à cette vitesse fulgurante ? Le manchot répondit : vois-tu ces mêmes ailes qu’ils prétendent inutiles ? Elles sont conçues d’une manière étonnante. Regarde ce que je vais faire. Je vais d’abord remonter pour nager et me retourner à la surface de la mer. Sais-tu pourquoi ? Pour remplir les plumes de mes ailes de bulles d’air ; cela est facilité par des glandes qui y sécrètent une substance grasse imperméable à l’eau.

Regarde les bulles d’air s’accumuler entre les plumes ; puis je redescends dans l’eau afin que l’eau comprime mes ailes et les bulles qu’elles contiennent, ce qui réduit la densité de mon corps. Je peux alors remonter vers la surface de la mer à une vitesse immense, en libérant des bulles d’air comme un avion à réaction. Ces bulles diminuent aussi la friction de mon corps avec l’eau et facilitent ma sortie.

C’est avec mes ailes que je descends gagner ma subsistance, et c’est avec mes ailes que je remonte ; sans ces ailes qu’ils prétendent inutiles, je ne pourrais tout simplement pas vivre. « Voilà la création d’Allah. Montrez-Moi donc ce qu’ont créé ceux qui sont en dehors de Lui ! Mais les injustes sont dans un égarement évident » (Coran 31, 11).

Et nous n’avons pas encore parlé de la conception du système circulatoire qui alimente les ailes du manchot en énergie, des propriétés particulières de l’hémoglobine « Haemoglobin » et de la myoglobine « Myoglobine », qui permettent au manchot de rester continuellement sous l’eau pendant 20 minutes, ni de la densité de ses os et des os de ses ailes, qui lui permet cette plongée et cette remontée.

Voyez, frères, comment ce que certains présentent comme une objection devient, grâce à la science, une nouvelle preuve de la grandeur de Dieu. Nous l’avons vu avec la rétine et d’autres exemples dans l’épisode précédent, et nous le voyons ici avec les ailes du manchot, dont les adeptes du mythe ont fait une objection alors qu’elles sont remplies de signes de grandeur, de sagesse et de puissance.

L’autruche : des ailes pour manœuvrer et se défendre

Qu’en est-il de l’autruche ? Elle a aussi des ailes et ne vole pas. Que celui qui pose la question prenne la peine de regarder un documentaire : il verra comment cet oiseau, dont la vitesse atteint 80 kilomètres par heure, utilise ses ailes comme des freins pour ralentir et tourner brusquement pendant les poursuites ou lorsqu’il fuit les prédateurs. Il verra comment elle les utilise pour effrayer les animaux qui attaquent ses œufs, pour les parades nuptiales et pour bien d’autres usages.

Après tout cela, revenez les entendre dire : « Les créationnistes ne peuvent donc pas nous expliquer pourquoi ces oiseaux ont des ailes sans voler. »

Le sophisme du raisonnement circulaire

En plus de tout cela, frères, remarquez le sophisme du raisonnement circulaire dans leur discours sur les ailes des oiseaux. Le raisonnement circulaire « Circular reasoning » est un sophisme reconnu dans l’étude des sophismes logiques : celui qui avance une affirmation tire sa preuve de l’affirmation même qu’il cherche à établir ; autrement dit, l’affirmation devient elle-même la conclusion.

Lorsque ces personnes disent que ces ailes sont inutiles, sur quel critère décidez-vous qu’une chose est utile ou inutile ? Elles répondront : selon qu’elle aide l’animal à survivre, d’après le concept de sélection naturelle. Ces ailes n’aident pas l’animal, prétendent-elles, et n’ont donc aucune utilité ; elles seraient ainsi le produit de hasards aveugles et non d’une conception sage.

Autrement dit, elles ont supposé que le mythe de l’évolution est vrai ; elles ont donc supposé que son critère de l’utilité, à savoir l’aide à la survie, est juste. Elles ont jugé ces ailes inutiles parce qu’elles n’aideraient pas à survivre, selon leur affirmation ; donc il n’y aurait pas de création intentionnelle et l’évolution serait vraie. Voilà le raisonnement circulaire. C’est comme si je vous disais : je suis sincère ; puisque je suis sincère, si je vous dis que je ne mens pas, je suis sincère dans cette affirmation ; donc je suis sincère. La preuve est tirée de l’affirmation elle-même.

Nous leur répondons que le système de foi cohérent, conforme à la science juste et exempt de vos sophismes, affirme que le Créateur crée certaines choses pour leur beauté. Dieu dit à propos de catégories d’animaux : « Ils vous paraissent beaux quand vous les ramenez, le soir, et aussi quand vous les lâchez pour le pâturage » (Coran 16, 6). Même si nous supposions que les ailes et les queues des beaux oiseaux, tels les paons et d’autres, n’aidaient pas à la survie, et même si nous supposions que vous aviez scruté les sensations et les inclinations sexuelles de ces oiseaux et prouvé qu’elles n’aidaient pas à l’accouplement, il suffirait que leur beauté indique aux personnes raisonnables qu’elle a un Créateur. À plus forte raison lorsque nous voyons que ces ailes ne sont pas seulement belles pour nous, serviteurs de Dieu, ni seulement utiles aux oiseaux, mais peuvent être essentielles à leur vie, comme nous l’avons vu chez le manchot et l’autruche.

Conclusion : plusieurs sophismes

Pour conclure, frères, j’ai réellement hésité à donner un titre à cet épisode. Nous avons l’habitude d’évoquer un sophisme logique ou une ruse psychologique, puis d’en donner des exemples. Dans les épisodes précédents, nous avons parlé du procédé qui mêle le mythe aux faits, de la méthode « Loue-moi ton esprit » et « Parlez-leur comme à des enfants », ainsi que du « renversement de la charge de la preuve ».

Comment nommer aujourd’hui leur propos : l’aile sert à voler ; le manchot et l’autruche ne volent pas ; donc leurs ailes ne servent à rien. Et cela prouverait que les êtres vivants sont apparus par une évolution due au hasard. Comment appeler leur discours après tout ce que nous avons vu ?

Est-ce un autre exemple de « Parlez-leur comme à des enfants », par lequel ils méprisent l’intelligence de leurs adeptes ? Est-ce le sophisme de l’appel à l’ignorance, où ils ignorent ou feignent d’ignorer la fonction d’une partie du corps d’un être vivant et font de cette ignorance un argument ? Est-ce le sophisme des dieux bouche-trous ? Ils ont des lacunes dans leurs connaissances et les comblent en attribuant les actions au mythe : puisque les ailes n’ont pas d’utilité, qui d’autre les aurait produites ? Ce doit forcément être l’évolution qui les a produites.

Ou bien est-ce le sophisme de la tromperie par des prémisses fausses ? Ils ont commencé par la prémisse selon laquelle ces ailes sont inutiles, puis ont conduit l’auditeur vers des conclusions fondées sur cette prémisse sans lui donner l’occasion d’examiner la validité même de la prémisse. Est-ce le sophisme du raisonnement circulaire, comme nous l’avons expliqué ? Est-ce le renversement de la charge de la preuve ? Ils ont fermé les yeux sur tous les exemples de précision et de perfection — non seulement dans les êtres vivants en général, mais aussi chez les animaux mêmes dont ils ont fait des ailes un objet d’objection — et, au lieu de prouver que l’aléatoire, le hasard et la sélection aveugle peuvent produire tout cela, ils ont déplacé sur nous la charge de prouver la fonction des ailes des oiseaux. Ou bien s’agit-il de ténèbres accumulées les unes sur les autres ?

J’ai vraiment hésité, frères, sur le nom à lui donner ; je vous laisse donc la réponse. Que la paix soit sur vous.


Source officielle : Eyad Qunaibi.