Épisode 3 – La fitra et l’ordinateur
Qu’est-ce que la fitra, cette disposition innée de l’être humain ? Une comparaison avec l’ordinateur éclaire son rôle dans la foi en Dieu.
Que la paix et la miséricorde de Dieu soient sur vous, chers amis. Aujourd’hui, nous allons commencer par le fondement des fondements : prouver l’existence de Dieu, exalté soit-Il, afin d’établir la base à partir de laquelle nous poursuivrons.
Tout d’abord, mes frères, qu’est-ce qui nous indique l’existence de Dieu ? Ce sont la fitra et la raison. Nous commencerons par parler des preuves fondées sur la fitra.
Qu’est-ce que la fitra ?
Nous entendons souvent ce mot. Que signifie-t-il ? Et comment indique-t-il l’existence de Dieu, le Très-Haut ?
La fitra désigne des facultés et des impulsions déposées dans l’âme humaine, dont les effets apparaissent au fil de sa croissance et de son interaction avec son environnement : d’abord lorsqu’il prend le sein de sa mère pour téter, puis lorsqu’il est attiré par les vérités et les valeurs morales saines.
On peut comparer la fitra de l’être humain au système d’exploitation d’un ordinateur, « Operating System ». Les composantes de ce système d’exploitation coopèrent et s’accordent entre elles pour produire un être humain équilibré.
Observez cette parole de Dieu, le Très-Haut : « Nous avons certes créé l’homme dans la forme la plus parfaite » (Coran 95, 4). Cette constitution parfaite comprend donc les composantes innées nécessaires à la réalisation de la finalité de la création de l’être humain. On le comprend également à travers la parole de Dieu, le Très-Haut, rapportant les propos de Moïse, que la paix soit sur lui : « Notre Seigneur est Celui qui a donné à chaque chose sa propre nature puis l’a dirigée » (Coran 20, 50).
Parmi ceux qu’Il a guidés figure l’être humain : Dieu, le Très-Haut, lui a donné une constitution parfaite et l’a guidé par la fitra.
Les orientations de la fitra
Par la fitra, Il l’a guidé vers :
- La reconnaissance du fait que lui-même et cet univers ont un Créateur qui les gouverne, le sentiment d’avoir besoin de ce Créateur, ainsi que le recours à Lui dans les épreuves.
- Il l’a aussi guidé par la fitra qui fera naître en lui les évidences rationnelles grâce auxquelles il comprend le discours de ce Créateur et les obligations qu’Il lui impose.
- Il l’a guidé à s’interroger sur la finalité de son existence et sur son sort après la mort, ce qui constitue la force motrice qui le pousse à rechercher ce que veut son Créateur et à s’y conformer.
- Il l’a également guidé vers le penchant moral : un amour inné du bien, de la justice et de la droiture, ainsi qu’une aversion pour le mal, l’injustice et la corruption. Cela s’accorde avec les prescriptions du Créateur, vers lesquelles l’être humain incline et qu’il aime.
- Il l’a guidé vers le sentiment de disposer d’une volonté libre, qui lui permet de choisir ses actes dans l’obéissance au Créateur ou dans la désobéissance : « Ne l’avons-Nous pas guidé aux deux voies ? » (Coran 90, 10).
- Il l’a guidé vers les instincts nécessaires à une vie équilibrée tant qu’il traverse la période d’épreuve sur cette terre, comme l’instinct maternel et l’instinct de survie.
Vous trouverez une définition élargie de la fitra, proche de celle-ci, dans les propos d’Ibn Achour dans At-Tahrir wa at-Tanwir, au sujet de cette parole de Dieu, le Très-Haut : « Nous avons certes créé l’homme dans la forme la plus parfaite » (Coran 95, 4). La fitra est donc un ensemble de dispositions innées qui coopèrent d’une manière remarquable pour produire un être humain équilibré, agissant en vue d’une finalité.
Ce qui voile la fitra
Il arrive que des obstacles voilent la fitra au cours du cheminement de l’être humain. Celui-ci peut lutter contre elle, se boucher les oreilles pour ne pas entendre son appel, voire la réprimer et l’effacer, jusqu’à ne plus entendre cet appel profond.
Mais tout cela n’abolit pas le fait qu’elle existe originellement en lui, avant cette lutte. Elle continue de l’assaillir de temps à autre et elle est attirée par tout ce qui la met au jour et la dégage des décombres accumulés sur elle.
Le dilemme des athées face à la fitra
La fitra place donc les athées devant un dilemme majeur : elle constitue, pour eux, l’intervention extérieure d’une puissance douée de volonté et de connaissance, transcendante par rapport aux interactions biochimiques aléatoires.
Le dilemme des athées ressemble à celui d’une personne qui vous dirait : cet ordinateur s’est formé par pur hasard ; ses composants se sont assemblés et coordonnés sans fabricant ; seules des bourrasques furieuses l’ont constitué ainsi.
Nous ouvrons l’ordinateur… et nous y trouvons un système d’exploitation complet et cohérent, ainsi que des programmes ayant chacun une finalité. Comment expliques-tu l’existence de ces programmes, ô athée ? Même si nous avalions ton mensonge risible sur le « matériel informatique », comment expliquerais-tu ce « contenu logiciel » présent sur l’appareil ?
Les simples interactions biochimiques, les mutations aléatoires et la sélection naturelle… Même si nous passions outre le fait qu’elles ne peuvent pas créer un être humain, que nous vous le concédions et disions : elles ont créé un être humain et lui ont insufflé la vie, toutes ces notions aveugles… d’où tiendraient-elles la capacité de déposer dans l’esprit et l’âme de cet être humain cet ensemble cohérent et orienté ? Et comment expliquez-vous la formation de ce même ensemble dans chaque nouvelle âme qui vient au monde ?
Certains athées ont reconnu ce dilemme, parmi lesquels le philosophe athée britannique Thomas Nagel, dans son célèbre ouvrage intitulé : « Mind and Cosmos: Why the Materialist Neo-Darwinian Conception Of Nature is Almost Certainly False » (« L’esprit et le cosmos : pourquoi la conception néodarwinienne matérialiste de la nature est presque certainement fausse »).
Le livre examine trois questions fondamentales et montre l’incapacité du matérialisme darwinien à leur apporter une solution : la conscience, la cognition et les valeurs. Malgré cela, l’auteur est resté athée !
Comment les athées affrontent le dilemme de la fitra
Quant à la majorité des athées, comment ont-ils affronté ce dilemme ? Ils ont oscillé entre la négation du caractère inné de ces composantes — certains niant qu’elles soient présentes chez l’être humain dès sa naissance et les considérant comme des effets de l’éducation et de l’environnement social — et la reconnaissance de leur existence accompagnée d’une tentative de leur trouver des explications matérialistes.
Les deux camps sont tombés dans d’étonnants errements, contradictions et absurdités, comme nous le verrons, si Dieu le veut.
Conclusion et suite
Voilà ce qu’il fallait exposer au sujet de la définition de la fitra et du problème général qu’elle pose aux athées. Dans les prochains épisodes… nous verrons leurs malheureuses impasses face à chacune des composantes de la fitra que nous avons évoquées, et vous pourrez ensuite proclamer pleinement : « Louange à Allah qui nous a guidés à ceci. Nous n’aurions pas été guidés, si Allah ne nous avait pas guidés » (Coran 7, 43).
Il convient de préciser que, dans ces épisodes consacrés aux preuves innées de l’existence de Dieu, le Très-Haut… j’ai beaucoup bénéficié du livre Chumû‘ an-Nahâr de l’ingénieur Abdallah al-Ajayri, que Dieu le préserve.
Notre prochain épisode portera, si Dieu le veut, sur le penchant religieux. Restez donc avec nous. Que la paix et la miséricorde de Dieu soient sur vous.
Source officielle : Eyad Qunaibi.