Voyage de la certitude

Épisode 49 – Faut-il séparer la foi des sciences ?

Raison, évidences premières, témoignage et sens : cet épisode examine les sources du savoir expérimental et leur rapport à la foi au Créateur.

Que la paix soit sur vous. Nous revenons vers vous, chers amis, pour poursuivre le voyage de la certitude.

Introduction au voyage de la certitude

La prochaine étape principale sera la discussion de l’origine de l’être humain : évolution, développement dirigé, ou création directe ? Avant d’arriver à cette étape, nous vous présenterons des épisodes qui résument certains concepts importants, utiles à ceux qui nous suivent depuis le début comme aux nouveaux venus dans le voyage de la certitude. Ils vous aideront à comprendre plus en profondeur la relation entre le savoir, la science expérimentale, la foi et l’invisible, et répondront à des questions qui tourmentent beaucoup de personnes.

Nous publierons ces épisodes ciblés de manière successive, puis nous les appliquerons à l’origine de l’être humain comme étude de cas (case study), si Dieu le veut. L’épisode d’aujourd’hui est une discussion d’une formule répandue, dont le résumé est : ne mélangez pas la foi avec la science expérimentale. Car la foi repose sur des convictions relevant de l’invisible, tandis que la science expérimentale repose sur des sciences matérielles.

Discussion de l’affirmation « Ne mélangez pas la foi avec la science expérimentale »

Discutons ces phrases. La science expérimentale est-elle vraiment matérialiste, et faut-il éviter de la mêler à la foi ? Dans l’épisode d’aujourd’hui, nous essayons donc de dessiner la relation entre la foi en la Création, le matérialisme et la science expérimentale.

Définition des termes

Commençons par définir les termes.

  • La foi au Créateur : c’est la foi qu’il existe un Créateur qui a créé l’univers et la vie.
  • Le matérialisme : signifie exclure l’invisible, c’est-à-dire toute chose hors du cadre de la matière, l’exclure totalement de l’explication de l’univers et de la vie, y compris l’exclusion de l’existence d’un Créateur de l’univers et de la vie.
  • Le mot anglais « science » : il désigne ici le savoir fondé sur l’expérience et l’observation ; je ne le traduis pas simplement par « savoir », car nous démontrerons que la science expérimentale n’est pas la seule forme de savoir. Le savoir est plus général, et la science expérimentale en est une forme. La science expérimentale comprend les inventions et les découvertes utiles à l’être humain dans la santé, les communications, le transport, l’urbanisme et d’autres domaines.

Les sources de la science expérimentale

Voyons sur quoi s’appuie la science expérimentale, puis voyons si ces choses sur lesquelles elle s’appuie existent dans la démarche de la foi au Créateur ou dans le matérialisme, afin de juger les affirmations que nous avons mentionnées.

1. La raison

Premièrement, il ne fait aucun doute que la science expérimentale s’appuie sur la raison : la raison qui analyse les informations, déduit, prévoit, relie, formule les hypothèses, juge certaines choses comme vraies ou fausses.

2. Les évidences premières

Deuxièmement, la science expérimentale s’appuie sur des postulats, des évidences : des choses sur lesquelles les personnes raisonnables ne divergent pas. Ces évidences sont le point de départ de la raison dans la mise en relation, la prévision et la déduction ; c’est pourquoi on les appelle nécessités rationnelles ou principes premiers de la raison.

Comme quoi ? Comme le principe de causalité : toute chose apparue a une cause. Cela signifie que toute chose qui a existé après ne pas avoir existé doit nécessairement avoir une cause. Chaque fois que vous voyez dans la science expérimentale le mot « pourquoi ? », vous cherchez la cause. C’est-à-dire : quelle est la cause de telle ou telle chose ? Chaque fois que vous voyez le mot mécanisme (mechanism), il s’agit d’une description de la cause.

En pharmacologie par exemple, qui est mon domaine d’origine, quels sont les usages d’un médicament donné ? Nous les connaissons si nous trouvons que ce médicament a été une cause de guérison dans ces usages et ces maladies. Très bien, comment ce médicament agit-il ? Quel est son mécanisme d’action ? Ici, nous cherchons comment ce médicament a causé la guérison. Pourquoi tels effets secondaires se produisent-ils avec ce médicament ? Nous cherchons la cause afin d’éviter ces effets. Pourquoi ces médicaments interagissent-ils avec d’autres médicaments (interactions) ? Nous cherchons le mécanisme, c’est-à-dire la cause, de cette interaction.

Les sciences, dans leur ensemble, sont une recherche de relations causales, et nous partons d’une conviction préalable, évidente, admise : il faut nécessairement que chaque chose dans cet univers, toute chose apparue, ait une cause. Et nous rions si l’on nous répond à l’une de ces questions : « Cela s’est produit ainsi, sans cause. » Au contraire, nous sommes certains qu’il existe une cause et nous cherchons à la découvrir.

3. L’accumulation du savoir (le témoignage transmis)

Troisièmement, la science expérimentale s’appuie sur l’accumulation du savoir, c’est-à-dire sur ce que les chercheurs avant nous rapportent des résultats de leurs recherches et de leurs découvertes. Aucun chercheur ne peut tout reprendre entièrement depuis le début (from scratch). Il n’a pas à redécouvrir ce qui a déjà été découvert ; il s’appuie plutôt sur les informations rapportées par les chercheurs précédents à propos de leurs résultats, tout en tenant compte des mécanismes permettant de vérifier la fiabilité de ces informations, c’est-à-dire de ces résultats, et le fait qu’ils soient reproductibles (reproducible), c’est-à-dire qu’ils puissent être produits à nouveau.

Toute nouvelle recherche scientifique comporte une étape de revue de ce qui a été publié (literature review), afin de montrer où en est la science expérimentale : qu’ont rapporté les chercheurs précédents ? Elle s’appuie alors dessus et en tire profit. Puis elle peut montrer quelles informations manquent encore, que les autres n’ont pas expérimentées ou étudiées, afin que cette nouvelle recherche les expérimente et ajoute quelque chose à l’édifice du savoir.

4. Les sens

Quatrièmement, la science expérimentale s’appuie sur les sens, qui introduisent des données dans ce système de connaissance. Les sens peuvent observer les choses ou observer leurs effets. De l’interaction des sens avec la raison et les évidences premières, l’être humain déduit l’existence de ces choses à partir de leurs effets, même si elles ne sont pas observées en elles-mêmes.

Une question, chers amis : jusqu’ici, y a-t-il une personne raisonnable qui contredise ce que nous avons mentionné ? Y a-t-il une personne raisonnable qui nie que la science expérimentale s’appuie sur ces quatre choses ? Appelons-les donc les sources de la science expérimentale : la raison, les postulats évidents comme le fait que toute chose dans l’univers, toute chose apparue, a une cause, le témoignage transmis, c’est-à-dire les recherches antérieures, et les sens, qui incluent l’observation des choses ou l’observation de leurs effets. La science expérimentale résulte de l’interaction de ces quatre éléments.

Les sources de la science expérimentale entre foi et matérialisme

Ces quatre sources sur lesquelles s’appuie la science expérimentale existent-elles, selon vous, dans la démarche de la foi au Créateur ou dans le matérialisme ? Voyons cela.

1. La raison et sa crédibilité

Premièrement : en ce qui concerne la raison, la foi en la Création signifie croire que l’univers, la vie et l’être humain sont des créatures d’un Créateur parfait dans Ses attributs, qui les a fait exister avec science et sagesse, et qui a donné à l’être humain une raison fiable, préparée à découvrir les vérités. Il est donc possible de s’appuyer sur cette raison dans l’analyse, la déduction et le jugement des choses comme vraies ou fausses, et il est possible de l’utiliser pour produire la science expérimentale.

En revanche, le matérialisme rejette cette prémisse, à savoir que l’univers, la vie et l’être humain sont des créatures d’un Créateur, et il suppose comme alternative qu’ils sont le résultat du hasard. Comme dans cet article, par exemple, sur l’histoire de la science expérimentale occidentale, qui porte le titre : Les postulats de la science occidentale à travers son évolution historique, puis mentionne parmi ces postulats que le monde matériel s’est assemblé par hasard, depuis sa plus petite unité physique jusqu’aux plus grandes structures et relations.

Ainsi, selon le matérialisme, le cerveau et les outils de perception sont venus par hasard ; par conséquent, la raison est venue par hasard, sans intention de quiconque. Très bien, comment puis-je faire confiance à une raison venue par hasard pour me guider vers les vérités ? Comment puis-je faire confiance à ses déductions, ses analyses et sa compréhension si elle est venue par hasard et n’a pas été préparée, à l’origine, pour découvrir les vérités des choses ? Elle n’est même pas conçue, ni créée intentionnellement à l’origine ! Cette seule question suffit à prouver la rupture totale entre le matérialisme et la science expérimentale.

Permettez-moi d’insister sur ce point, car il suffit à montrer l’insignifiance du matérialisme. Pour commencer : vous serez peut-être surpris d’apprendre que Darwin lui-même a attaqué la crédibilité de la raison, puisqu’il a dit dans sa correspondance avec William Graham : « Un doute horrible m’envahit toujours quant à savoir si les convictions de l’esprit humain, qui lui-même s’est développé à partir de l’esprit d’animaux inférieurs, ont une quelconque valeur ou méritent la moindre confiance. » Vous trouverez des propos semblables dans l’annexe de son livre L’Origine des espèces, édition Ontario: Broadview, où il décrit l’esprit humain comme s’étant développé à partir d’un esprit comparable à celui de l’animal le plus inférieur, et il met donc en doute sa crédibilité.

Bien sûr, lorsque vous entendez ces paroles de Darwin, vous imaginerez qu’il était sincère avec lui-même, exposant cette perplexité devant les gens dans le but d’atteindre la vérité. En réalité, Darwin disait ces phrases pour nier que l’univers et la vie aient un Créateur. Il disait : « Si l’homme regarde l’univers et les êtres vivants, sa raison ne peut que reconnaître qu’ils doivent nécessairement avoir un Créateur, et qu’il est rationnellement impossible que tout cela soit venu par hasard. Mais pourquoi croirions-nous nos facultés rationnelles, alors qu’elles ont évolué par hasard à partir des esprits d’êtres inférieurs ? » Très bien, Darwin, pourquoi mets-tu en doute la véracité de la raison seulement lorsqu’elle t’indique l’existence du Créateur ? Pourquoi ne mets-tu pas en doute ta raison lorsqu’elle est venue avec tes scénarios sur l’évolution hasardeuse et aveugle ? Si ta raison n’est pas fiable, alors ne la crois en rien. Tu n’as pas le droit de la croire dans une chose et de la démentir dans une autre.

Quelqu’un pourrait dire : mon frère, qu’ai-je à faire de Darwin et des anciennes paroles de Darwin ? Environ un siècle et demi s’est écoulé depuis la mort de Darwin. Très bien, que diriez-vous si vous appreniez que beaucoup de grands matérialistes après lui ont exprimé la même conclusion, à savoir que la raison ne peut être crue ni jugée fiable pour connaître la vérité ? Je vous apporterai des extraits documentés d’une conférence du Dr Sami Al-Amiri : Le darwinisme est-il un argument pour l’athéisme ou contre lui ? [Connaissez-vous Francis Crick ? Le biologiste très célèbre, l’athée très célèbre, lauréat du prix Nobel. Cet homme fait partie des athées les plus extrêmes. Il dit dans son livre L’Hypothèse stupéfiante, littéralement : « Nos cerveaux hautement développés n’ont pas évolué sous la pression de découvrir des vérités scientifiques, mais seulement pour nous permettre d’être assez intelligents pour survivre. »]

Voyons les paroles de savants parmi les chefs de file matérialistes encore vivants. Le philosophe John Gray dit en ces termes : « Si la théorie de Darwin de la sélection naturelle est vraie, alors l’esprit humain sert le succès évolutif, non la vérité. » De même, le psychologue athée Steven Pinker, dans son livre Comment fonctionne l’esprit, dit : « Nos cerveaux ont été façonnés pour l’adaptation », c’est-à-dire selon le principe de la survie du plus apte ou du mieux adapté à la nature, « et non pour la vérité. » « Nos cerveaux ont été façonnés pour l’adaptation et non pour la vérité (not for truth). Parfois, la vérité est adaptative, mais parfois elle ne l’est pas. » C’est-à-dire qu’au cours de notre évolution à partir d’êtres inférieurs, nos facultés rationnelles se sont développées de façon à révéler parfois la vérité et à aider à la survie. Et à d’autres moments, des illusions sont apparues en nous, qui nous ont aidés à nous adapter à la nature. Des illusions contraires à la vérité, mais qui sont restées dans nos esprits parce qu’elles nous ont permis de survivre. C’est aussi ce que confirme Dawkins dans sa séance avec Krauss, alors qu’ils essaient de convaincre les gens que l’univers s’est fait exister lui-même, à partir de rien.

Ainsi, tout simplement, Dawkins veut vous dire : si vous trouvez que nos propos sur un univers qui s’est fait exister lui-même, et ce qui y ressemble, heurtent votre raison, c’est parce que votre raison n’a évolué qu’au degré qui vous permet de survivre comme le reste des bêtes, non pour percevoir les vérités. Vous devez donc faire confiance à ceux dont la raison a évolué davantage, à un degré qui leur a permis de comprendre ce que vous n’avez pas compris parmi les théories, et donc de déduire au sujet de l’univers et de la vie ce que vous considérez comme de la folie ou comme contraire à la raison.

On a demandé à l’un des promoteurs de l’athéisme, Matt Dillahunty : comment peux-tu faire confiance à ta raison alors que tu crois qu’elle est venue par hasard, sans conception ? Fais-tu confiance à ta raison simplement parce que cette raison venue par hasard t’a dit de lui faire confiance ? Regardez la confusion et l’esquive dans la réponse de cet athée, que nous vous mettrons dans les commentaires.

Un matérialiste pourrait dire : mon frère, qu’ai-je à faire de tous ceux-là ? Je ne suis pas tenu par leurs paroles et ils ne me représentent pas. Je suis matérialiste, et pourtant je respecte la raison et je lui fais confiance. Ah bon. Nous citons les paroles de ces personnes parce qu’elles déclarent ce qui découle nécessairement du matérialisme et de l’exclusion de l’existence d’un Créateur qui a créé la raison avec sagesse. Voilà ce à quoi le matérialisme mènera nécessairement. Ces matérialistes ont simplement essayé d’être cohérents avec leurs fondements matérialistes, et ils en sont sortis avec ces conclusions qui annulent la raison. Quand tu dis : je suis matérialiste et pourtant je fais confiance à la raison, je fais confiance à ma raison et je n’accepte pas les paroles de ceux-là, tu renies tout simplement ton matérialisme et tu n’es pas cohérent avec lui. Ta confiance en ta raison n’a aucun fondement ; tu as été obligé de voler cette confiance à la démarche de la foi au Créateur.

Celui qui dit qu’il est matérialiste se trouve donc devant l’une de deux options : soit il s’en tient à ses fondements matérialistes et arrive alors à la même conclusion que ceux-là, à savoir que sa raison n’a aucune valeur ; soit il renie son matérialisme pour pouvoir utiliser sa raison et lui faire confiance. Vous imaginez, mes frères, ce que signifie ce discours ? Imaginez-vous à quel point la thèse matérialiste est misérable et effondrée dans ses fondements ? C’est-à-dire que lorsqu’une personne commence avec vous par cette prémisse : excluez-moi l’existence d’un Créateur et parlons de science expérimentale. Dites-lui : sur quelle base vas-tu discuter avec moi ? Il dira : la raison. Dites-lui : comment cette raison est-elle venue ? Puisqu’il n’a pas de Créateur, il dira : par les hasards, les mutations aléatoires et la sélection aveugle. Dites-lui : comment feras-tu donc confiance à ta raison ? Cette raison qui est la tienne n’a aucune valeur, ni ses jugements, ni ses déductions, ni ses analyses, ni ses explications. Une raison non fiable ne mérite pas que je discute avec elle.

Imaginez que vous acceptiez l’idée qu’il existe un avion formé par l’ensemble des hasards, sans que personne n’ait eu l’intention de le fabriquer. Seriez-vous ensuite prêt à voler dedans ? Et nous entendons comment le moindre défaut dans la fabrication d’un avion peut conduire à sa chute et à sa destruction. Imaginez-vous donc, chers amis, ce que signifie une raison formée par les hasards, sans intention ? Et donc l’annulation de la valeur de la raison dans son indication de la vérité.

Ainsi, le matérialisme qui exclut l’existence d’un Créateur savant et sage de l’explication de l’univers et de la vie détruit totalement la valeur et la crédibilité de la raison, et détruit donc la valeur des déductions, des réflexions et des analyses que la raison pratique pour produire la science expérimentale. Cela seul suffit à prouver que la science expérimentale ne peut jamais être qualifiée de matérialiste, car elle a besoin de la raison, qui n’a de valeur que dans la démarche de la foi au Créateur. Il est donc très drôle de qualifier ensuite la science expérimentale de matérialiste.

2. Les évidences premières et leur fiabilité

Devons-nous nous contenter de cela ? Non. Continuons et parlons de la deuxième source de la science expérimentale : les choses admises et évidentes, comme le fait que toute chose dans l’univers et la vie a une cause. Dans la science expérimentale, la raison analyse les données sensibles sur la base de postulats évidents, et en tire des résultats. Vous voulez connaître la cause d’un certain cancer ? Vous pouvez prendre des échantillons de certains patients atteints de ce cancer, les analyser, y découvrir des formes de dérèglement ; mais cela ne signifie pas nécessairement que toutes ces altérations ont causé l’apparition du cancer, car la corrélation n’implique pas nécessairement la causalité (correlation does not imply causation), comme nous l’avons expliqué. Alors que faites-vous ? Vous concevez des expériences dans lesquelles vous essayez de provoquer chacune de ces altérations séparément, par exemple, et vous voyez laquelle est la cause, et ainsi de suite. Nous utilisons notre raison dans tout cela. Mais pourquoi supposons-nous fondamentalement que le cancer a une cause ? Non, c’est un postulat évident, une nécessité dont la raison part, semblable aux postulats mathématiques selon lesquels 1 + 1 = 2. Ce ne sont pas des choses que la raison prouve, mais des prémisses évidentes et nécessaires à partir desquelles la raison part.

Très bien, voyons. Dans la démarche de la foi au Créateur, ces postulats évidents viennent d’un Créateur sage et savant « qui a donné à chaque chose sa propre nature puis l’a dirigée » (Coran 20, 50). Ces postulats sont fiables et l’on peut s’appuyer sur eux. Peu importe que vous les considériez comme une partie de la raison, de la disposition naturelle, ou de la raison innée comme certains l’appellent. L’important est qu’ils font partie de la constitution de tout être humain sain, non atteint de folie.

Très bien. Dans le matérialisme, ces évidences sont-elles fiables et peut-on s’appuyer sur elles ? Non, parce qu’il s’agit de la croyance d’un être humain venu par hasard ; sa croyance en elles est venue par hasard, par changements aléatoires et sélection aveugle. Même ceux qui disent qu’elles résultent d’une induction à partir des données sensibles : cette induction se fait par la raison, sur laquelle on ne peut pas s’appuyer pour connaître la vérité selon le matérialisme, et c’est aussi une induction incomplète. Dawkins dit à propos de l’idée que l’univers s’est fait exister lui-même à partir de rien ; de même, le professeur Richard Lewontin a dit, en résumé, que notre engagement envers le matérialisme nous oblige à accepter des affirmations qui semblent absurdes et contraires aux évidences, parce que nous ne devons permettre à aucun pied divin de franchir la porte. Cela signifie qu’il faut exclure l’idée de l’existence d’un Créateur de la science expérimentale, même si cela mène à des propos qui heurtent les évidences, comme nous l’avons montré par les citations de lui et d’autres dans l’épisode (Le dieu bouche-trou des athées).

Avec cette logique que nous avons mentionnée concernant les matérialistes, la porte du savoir est fermée, et l’on peut répondre à toute question sur la cause et le mécanisme par : cette maladie est apparue sans cause, cette réaction n’a pas de mécanisme. Nous avons montré dans l’épisode (Comment l’athéisme détruit la raison et le savoir) jusqu’où est allé le déni des nécessités rationnelles, et comment il a conduit à dire qu’il n’existe pas de vérités objectives des choses. Cela signifie que même l’expression « vérités scientifiques » n’a plus aucune valeur si l’on nie les nécessités rationnelles. Nous avons ainsi vu comment la deuxième source de la science expérimentale, à savoir les nécessités rationnelles, s’effondre totalement dans le matérialisme, et ne demeure intacte qu’en reconnaissant la Création.

3. L’accumulation du savoir (le témoignage transmis) et sa fiabilité

La troisième source de la science expérimentale est le témoignage des autres chercheurs. Dans la démarche de la foi au Créateur, le témoignage est pris en considération après vérification de sa validité par les moyens appropriés. Si les témoignages des chercheurs précédents convergent vers un résultat donné, de manière à rendre le mensonge ou l’erreur improbables, alors ce résultat est fiable, et nous pouvons bâtir dessus et l’employer pour découvrir un nouvel ajout à la science expérimentale.

Mais un instant : même si le résultat est vrai et précis, pourquoi devrais-je m’appuyer dessus ? N’est-il pas possible que je réalise exactement la même expérience, dans exactement les mêmes conditions, et que j’obtienne un résultat différent parce qu’il n’y a ni lois, ni ordre, ni régularité ? La réponse est non, car le Créateur sage et savant a fait que l’univers fonctionne selon des lois cosmiques et des régularités fixes, de sorte que les choses se comportent de manière similaire lorsqu’elles sont placées dans les mêmes conditions. Ainsi, je tire profit des sciences des autres et je bâtis dessus, et il devient insensé de les mettre en doute et de tout reprendre à zéro avant d’ajouter une nouvelle contribution.

Quant au matérialisme, selon lui, on ne peut croire qu’en ce qui est directement sensible ; puisque je n’ai pas réalisé ces expériences moi-même, je ne peux pas m’appuyer sur les témoignages des autres. Je dois plutôt les réaliser et voir leurs résultats par moi-même. Bien sûr, ce n’est pas ce que fait réellement la communauté scientifique : certaines expériences importantes peuvent être transmises par des milliers de recherches, qui y renvoient et les citent, alors que ceux qui les ont directement menées sont une, deux ou trois personnes.

De même, selon le matérialisme, il n’existe aucune garantie de la stabilité et de la régularité des lois ni de l’existence de lois, tant que l’univers et la vie sont le résultat du hasard, depuis la plus petite chose qu’ils contiennent jusqu’à la plus grande, comme le suppose le matérialisme. Ainsi, si vous réalisez une expérience et en tirez une observation, vos observations et vos expériences ne me concernent pas, et il est impossible d’en tirer profit ou de bâtir dessus. Car qu’est-ce qui me garantit que si je répète votre expérience, j’en tirerai les mêmes observations ? Cette affirmation suppose qu’il existe des régularités, des lois et un ordre, alors que les hasards du matérialisme ne mènent à rien de tout cela. Par conséquent, les témoignages des autres sur leurs expériences et leurs observations n’ont aucune valeur, aussi fiables soient-ils et aussi répétées soient leurs observations. Il n’y a donc plus de place pour l’accumulation du savoir, ni de sens aux renvois aux recherches antérieures (citations) et à la liste des références (references) au bas de chaque recherche.

Vous direz : mais ce n’est pas ce que font les savants matérialistes ; au contraire, ils reconnaissent l’existence de lois et d’un ordre. Une fois encore, la conséquence inévitable du matérialisme est l’absence d’ordre et de lois, car les hasards, l’aléatoire et l’aveuglement sont ce qu’il y a de plus éloigné de l’ordre et des lois. Le matérialiste qui croit en l’existence d’un ordre et de lois dit seulement avec sa langue qu’il est matérialiste, puis se contredit lui-même dans l’application et se trouve obligé d’emprunter à la démarche de la foi au Créateur. Nous avons donc vu comment le matérialisme annule la troisième source de la science expérimentale, à savoir le témoignage transmis, qui n’a alors plus aucune valeur.

4. Les sens et la déduction à partir des effets

Il reste la quatrième source de la science expérimentale, à savoir les sens. Nous avons dit que les sens observent les choses et observent leurs effets, et que par l’interaction des sens avec les autres sources de la science expérimentale, l’être humain affirme avec certitude l’existence de choses même s’il ne les voit pas. Si je vois un homme tenir l’extrémité d’un câble, être électrocuté et tomber mort, j’affirme avec certitude l’existence d’électricité dans le câble à partir de son effet, même si je ne la vois pas. Quand je vois le mouvement des feuilles des arbres et que je peux respirer, j’en déduis l’existence de l’air même si je ne le vois pas ; car si cet air était absent, j’étoufferais. Les ondes électromagnétiques ont été employées dans les communications même si nous ne les voyons pas, mais nous sommes certains de leur existence à partir de leurs effets. La chaleur, les particules atomiques, la composition des substances chimiques que nous déduisons du comportement de cette substance même si nous ne la voyons pas, mais à partir de son effet dans les réactions, les analyses, et beaucoup d’autres choses.

Quant à la démarche de la foi au Créateur, la chose la plus éminente dont on déduit l’existence à partir de ses effets est l’existence du Créateur, dont l’univers et la vie indiquent l’existence ainsi que certains de Ses attributs. Quant au matérialisme, vous pourriez penser qu’il lui reste cette source de la science expérimentale intacte, car ce que nous entendons est que le matérialisme repose sur la croyance aux choses sensibles ; les sens doivent donc nécessairement avoir une valeur dans le matérialisme. Le matérialisme se trouvera face aux sens devant l’une de deux options :

La première option : refuser de croire à l’existence des choses à partir de leurs effets et dire : je ne crois qu’à ce que je vois, entends et touche. Dans ce cas, il annulera toute la science expérimentale fondée sur les effets des choses. Plus important encore, le matérialisme a déjà endommagé les autres sources de la science expérimentale, de sorte que les sens n’ont plus aucune valeur ; car la science expérimentale ne résulte pas du simple fait de voir, d’entendre et de toucher les choses. L’être humain n’est pas simplement un scanner, ni un appareil photo qui capture des images, point final. Il faut ensuite faire fonctionner la raison selon des nécessités rationnelles pour produire la science expérimentale.

La deuxième option devant le matérialisme face aux sens : accepter la déduction de l’existence de choses à partir de leurs effets, comme c’est la véritable pratique scientifique. Dans ce cas, quelle est la véritable justification rationnelle pour nier ce dont tout l’univers et toute la vie sont des effets indicateurs, à savoir l’existence d’un Créateur savant et sage ?

Résumé et questions

Sur la base de ce qui précède, chers amis, il n’est jamais correct de qualifier la science expérimentale de matérialiste ; c’est une description très drôle. Il n’existe en réalité rien qui s’appelle des sciences matérielles, si vous entendez par là des sciences fondées sur des bases matérialistes qui excluent l’invisible. Le matérialisme ne mène qu’au nihilisme, car il annule les sources du savoir. Les dénominateurs communs entre les recherches scientifiques sont : une déduction et une analyse rationnelles, le départ à partir de nécessités rationnelles, l’observation de relations causales, l’adoption des témoignages des autres après vérification de leur crédibilité sur la base de leurs recherches, la supposition que toute chose fonctionne selon un ordre, les sens, l’expérimentation, la déduction de l’existence de choses à partir de l’observation de leurs effets. Tout cela n’a de valeur que dans la démarche de la foi au Créateur, dans laquelle ces sources de la science expérimentale demeurent intactes et cohérentes entre elles.

C’est pourquoi l’expression « Ne mélangez pas la foi avec la science expérimentale » est une expression risible tant elle est ignorante, car la science expérimentale est fille de la foi et ne peut jamais s’en passer. Nous répétons souvent : « La foi ne contredit pas les sciences expérimentales, la foi appelle à rechercher les sciences expérimentales. » Mais mes frères, la relation entre la science expérimentale et la foi est beaucoup plus profonde que cela : les sciences expérimentales n’existeraient pas à l’origine sans les sources du savoir qui s’appuient sur la foi en la Création.

Ainsi, chers bien-aimés, parmi les points les plus importants que nous avons établis aujourd’hui : le matérialisme annule la valeur de la raison ; la science expérimentale s’appuie, entre autres, sur les témoignages des autres chercheurs après vérification de leur exactitude ; et la science expérimentale est fille de la foi au Créateur. Mais comment pouvons-nous prétendre cela alors que beaucoup de savants contemporains sont athées ou matérialistes ? Et puis nous reprochons au matérialisme d’exclure l’invisible de l’explication de l’univers et de la vie. Cela veut-il dire, Eyad, que tu veux que nous répondions à toute question scientifique par : c’est ainsi que le Créateur l’a voulu, point final ? Plus besoin de rechercher ni d’explorer ?

Remarquez, chers amis, ce que l’on espère de ces épisodes, c’est qu’ils représentent une révolution intellectuelle qui nous débarrasse de concepts confus et de croyances fausses, et les remplace par une construction intellectuelle ordonnée, fondée sur la preuve scientifique. C’est pourquoi vous remarquerez qu’au début, ils susciteront chez vous beaucoup de questions. Nous adopterons la méthode d’une seule idée par épisode, et vous remarquerez que ces questions recevront progressivement des réponses convaincantes, si Dieu le veut. Dans le prochain épisode, nous commencerons par la première de ces questions. Suivez-nous donc, et que la paix, la miséricorde et les bénédictions de Dieu soient sur vous.


Source officielle : Eyad Qunaibi.