Voyage de la certitude

Épisode 19 – Le code énigmatique

Comment les cellules lisent-elles l’ADN pour fabriquer des protéines ? L’image d’une bibliothèque éclaire le fonctionnement du code génétique.

Introduction : le code énigmatique

Que la paix soit sur vous, chers amis. Dans l’épisode précédent, nous avons vu l’immense longueur de la matière génétique dans chacun de nos corps. Aujourd’hui, nous allons voir quelque chose de plus étonnant encore : comment cette matière génétique se traduit en graisse, chair et sang — un autre témoignage de l’œuvre de Dieu, qui a tout façonné à la perfection.

Le sujet n’est pas facile et peut paraître au début aride et technique, mais il est extrêmement important. Je vous recommande vivement de patienter jusqu’à la fin ; le bénéfice sera grand, si Dieu le veut. Nous expliquerons un exemple simple, puis nous l’appliquerons à nos corps.

Un exemple explicatif : la bibliothèque et la ville

Imaginez une bibliothèque contenant des livres dont les informations serviront à construire une grande ville. Toute la ville est codée dans ces livres. Chaque livre décrit la fabrication d’une unité de construction : briques, arcs, colonnes, ponts, planches de bois, morceaux de marbre, et ainsi de suite.

Les livres ne peuvent pas sortir de la bibliothèque. Les employés en écrivent donc des copies et les donnent aux ouvriers à l’extérieur. Les ouvriers lisent les copies et les utilisent pour fabriquer les unités de construction. D’autres ouvriers placent ensuite chaque pièce à sa place exacte : le résultat est une grande ville.

Près d’elle se trouve une autre bibliothèque avec les mêmes livres, mais ses employés copient certains livres identiques à ceux de la première et d’autres différents. Les copies vont aux ouvriers qui fabriquent les unités ; d’autres les mettent à leur place, produisant une autre ville semblable à la première à certains égards et différente à d’autres. Un grand nombre de villes voisines forme un vaste monde.

Application de l’exemple au corps humain

Appliquons cet exemple à nous-mêmes. Votre corps est ce monde, et les villes voisines sont les nombreuses cellules différentes de votre corps : cellules osseuses, musculaires et cellules qui sécrètent des hormones comme l’insuline. Toutes contiennent la même bibliothèque, c’est-à-dire les mêmes livres.

La bibliothèque est le noyau de la cellule, et l’ensemble complet des livres est la matière génétique. Cette matière est composée de petites unités de construction appelées nucléotides. Il existe quatre nucléotides différents, symbolisés par les lettres A, T, G et C. C’est comme si la langue des livres de la bibliothèque ne contenait que quatre lettres.

Ces nucléotides sont disposés selon des modèles différents et forment des gènes distincts, comme les livres séparés d’une bibliothèque. Chaque gène se compose d’un grand nombre de nucléotides rangés dans un ordre précis. L’être humain possède environ 20 mille gènes, et chaque gène est traduit en une protéine particulière, comme chaque livre est traduit en une unité de construction précise, telle qu’une brique ou un arc.

Par exemple, un gène est traduit en l’hormone insuline, qui régule le sucre du sang. Un autre est traduit en collagène, qui construit l’os et la peau. Tout cela est constitué de protéines.

La traduction d’un gène en protéine

Du gène à la copie (ARN)

Comment un gène est-il traduit en protéine ? Un gène ressemble à une suite de lettres lisibles, tandis qu’une protéine est une particule matérielle constituée d’un groupe d’acides aminés reliés entre eux. Quel est donc ce processus apparemment intelligent qui lit les lettres, les décode et fabrique la protéine correspondante ?

Des lecteurs arrivent au gène précis à traduire. Ces lecteurs sont formés d’un ensemble de particules assemblées. Ils séparent les deux brins de la matière génétique, ADN, lisent l’un d’eux et produisent un brin correspondant de ARN. Les particules qui ressemblent à de petits marteaux sont les différents nucléotides présents dans le noyau cellulaire. Les lecteurs les disposent conformément au gène, qu’ils utilisent comme modèle pour former le brin copié.

Pour simplifier, le brin de ARN est comme une copie du gène, de même que l’employé de la bibliothèque écrit une copie d’un livre dans notre exemple. Tout cela se passe dans le noyau de la cellule, c’est-à-dire dans la bibliothèque.

De la copie à la protéine

La copie quitte ensuite le noyau, et un ouvrier — appelé ribosome dans la cellule — arrive pour la lire et fabriquer l’unité de construction correspondante. C’est ici que réside la difficulté : la copie est faite de nucléotides, donc de lettres ou de mots, alors que la protéine est faite d’acides aminés, donc de matière réelle. Comment le ribosome peut-il construire une protéine en lisant un brin de nucléotides ?

Il existe des particules appelées molécules de transfert, ARN de transfert, qui s’ajustent sur la copie comme des pièces de Lego et portent de l’autre côté un acide aminé. Chaque molécule de transfert porte un acide aminé différent. Le ribosome dispose ces molécules selon le brin copié et relie à l’autre extrémité les acides aminés, formant une longue chaîne. Cette chaîne se sépare ensuite et subit de nombreuses modifications, jusqu’à devenir une protéine particulière.

Nous disons donc que la protéine résultante est codée dans la matière génétique : l’information nécessaire à sa fabrication y est conservée dans une langue spéciale, et elle nécessite des lecteurs capables de la décoder.

Orienter les protéines et organiser la cellule

Une fois la protéine — l’unité de construction — formée, des systèmes de reconnaissance spécifiques la prennent en charge et l’orientent vers l’endroit approprié de la cellule, comme des ouvriers placent les unités à leur place dans une ville. Certaines protéines s’assemblent en faisceaux qui forment une sorte de réseau routier à l’intérieur de la cellule. D’autres sont stockées dans de grandes vésicules et transportées par d’autres protéines, appelées protéines motrices, qui utilisent ces faisceaux comme routes.

Tout est guidé vers sa juste place : « Notre Seigneur est Celui qui a donné à chaque chose sa propre nature puis l’a dirigée » (Coran 20, 50). Tout cela est codé dans les livres de la bibliothèque, c’est-à-dire dans la matière génétique. Le réseau routier, les protéines qui transportent et celles qui sont transportées, les lecteurs dans le noyau, les ribosomes : tout ce qui est nécessaire à la construction de la ville, c’est-à-dire de la cellule, est présent dans la bibliothèque.

La différenciation cellulaire

Qu’est-ce qui fait qu’une cellule de peau diffère d’une cellule pancréatique, bien qu’elles possèdent toutes deux la même bibliothèque et les mêmes livres ? L’employé de la bibliothèque d’une cellule cutanée produit une copie du livre du collagène, c’est-à-dire du gène du collagène, qui donne à la peau sa structure. L’employé d’une cellule pancréatique produit au contraire une copie du gène de l’insuline, dont le produit est sécrété par le pancréas.

Le volume de l’information génétique

Parce que votre corps contient tant de types de cellules et que chacune possède tant de détails, la matière génétique contient une quantité immense d’informations codées dans plus de 3 milliards et 500 millions de paires de nucléotides, c’est-à-dire plus de 7 milliards de nucléotides.

Si nous imaginions une feuille de plan de construction remplie de symboles nucléotidiques de cette manière, il nous faudrait environ deux millions et 700 mille feuilles pour écrire la matière génétique d’une seule cellule ! Une rame contient 500 feuilles ; il nous faudrait donc 5423 rames. Empilées, elles atteindraient environ 300 mètres, la hauteur d’un gratte-ciel. Tout cela représente la matière génétique d’une seule cellule.

Méditer l’ingéniosité et la création

Demandez-vous : qui a façonné tout cela ? L’athéisme répond que rien ne l’a fait : le néant. Le néant a créé les nucléotides et les a organisés en gènes ordonnés. Le néant a emballé cette masse immense d’informations sous forme codée dans un noyau extrêmement petit. Le néant a créé les lecteurs qui visent exactement le gène requis et en font une copie. Le néant a déplacé la copie hors du noyau jusque dans le liquide cellulaire. Puis le néant a créé les ribosomes qui décodent le code génétique et, avec l’aide des molécules de transfert, transforment ce qui ressemble à des lettres ordonnées en la protéine requise. Enfin, le néant a guidé la protéine vers son emplacement approprié dans la cellule.

Le néant a créé la protéine transportée, la protéine qui la transporte et le réseau routier sur lequel elles circulent. Le néant a créé tout cela, et l’a créé par hasard. Gardez-vous d’imaginer que tout cela exige un grand Créateur, qui sait tout, possède toute puissance et toute sagesse, et a parfait toute chose. Ce n’est qu’une affaire de temps : des milliards d’années durant lesquelles le néant expérimente aveuglément, jusqu’à créer tout cela à partir de rien et à l’organiser dans cet ordre merveilleux et beau.

Frères, à mesure que j’avançais dans la préparation du Voyage de la certitude et que j’atteignais les exemples de perfection dans la création, je me suis arrêté, hésitant ; les mots me sont restés dans la gorge et l’encre de mon discours s’est tarie. Plus je contemple la grandeur de Dieu dans une partie quelconque de Sa création, moins j’accepte l’idée qu’il faille convaincre quelqu’un que tout cela a nécessairement un Créateur. Mais : « Pour dégager notre responsabilité vis-à-vis de votre Seigneur ; et peut-être deviendront-ils pieux ! » (Coran 7, 164). Que la paix et la miséricorde de Dieu soient sur vous.


Source officielle : Eyad Qunaibi.